Ensemble vers le renouveau démocratique
!
Soyons responsables !
Agissons pour informer nos contemporains de la situation environnementale, sociale et économique
Refusons les politiques absconses et partisanes menées depuis 30 ans
Dénonçons les corruptions qui amputent et lèsent la société civile
Veillons au respect de la laïcité républicaine
Soyons partie prenante de la solution !
Débattons et diffusons les solutions envisagées
Elaborons des solutions régionales aux crises actuelles et à venir
Construisons pour notre région l’agenda de l’avenir
Dans un arrêt Refah partisi du 13 février 2003, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a jugé que « les libertés garanties par l’article 11 de la Convention ainsi que par les articles 9 et 10 ne sauraient priver les autorités d’un Etat, dont une association, par ses activités, met en danger les institutions, du droit de protéger celles-ci. A cet égard, la Cour rappelle qu’elle a déjà jugé inhérente au système de la Convention une certaine forme de conciliation entre les impératifs de la défense de la société démocratique et ceux de la sauvegarde des droits individuels» . Autrement dit, les démocraties ont non seulement le droit mais encore le devoir de se défendre pour sauvegarder les valeurs de la Convention et les dispositions de cette dernière ne peuvent être invoquées pour empêcher les Etats d’agir à cette fin.
L’inflexion des différentes politiques menées à l’égard de l’islamisme en Europe en en particulier en Grande Bretagne et aux Pays Bas , pays réputés pour leur très grande tolérance, devrait nous conduire à une réflexion approfondie sur l’évolution de notre propre droit.
Peut-être, la première réaction du lecteur hexagonal sera-t-elle de considérer la question comme réglée , dans la mesure où la France a, heureusement, voté la loi sur les signes religieux à l’école, réaffirmant sans ambiguïté son attachement à la laïcité. Mais, il s’agit là d’une vision angélique et naïve de la réalité juridique et de terrain...
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le blog de Corinne Lepage...
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L'on peut de nouveau arroser son jardin, mais la sécheresse reste la pire depuis 1949 |
Une météo fort pessimiste pour les jours qui viennent, des averses ici où là, un communiqué de la cellule de gestion et de préservation de la ressource en eau dans le département de la Gironde un peu moins sévère que d'habitude : il n'en fallait pas plus, hier, pour que l'on se mette à espérer. La sécheresse ne serait-elle bientôt qu'un mauvais souvenir en Gironde ?
« Ce n'est vraiment pas le cas, hélas ! » répond Jean-Luc Bernard-Colombat, directeur adjoint à la Direction départementale de l'agriculure, responsable de la mission interservices Eau de la Gironde, sous le contrôle du préfet. « La situation est toujours aussi dramatique, mais il n'y avait pas lieu de maintenir toutes les restrictions. Aussi avons-nous allégé certaines mesures. » Le point.
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On peut de nouveau arroser A compter d'aujourd'hui, on peut de nouveau arroser son jardin, laver sa voiture ou remplir sa piscine. « Si nous avons décidé de lever cette mesure, ce n'est pas parce que les réserves se sont reconstituées », précise Jean-Luc Bernard-Colombat. « Les ressources concernées sont des ressources en eau potable souterraines qui ne sont pas immédiatement sensibles. Tout en suivant les recommandations du Sage nappes profondes, nous pouvons donc les utiliser. Il n'est plus, non plus, nécessaire d'être aussi sévère qu'au début de l'été. Les besoins en eau sont aujourd'hui bien moins importants. Il pleut, la végétation redémarre et les gens n'ont pas à arroser. Les voitures sont, elles aussi, plus faciles à laver. Enfin, il devenait urgent de redonner la possibilité aux pisciniers de remplir les bassins en construction ou en réparation, les mesures prises ont sérieusement ralenti leurs activités ces derniers mois. »
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Les rivières toujours à sec Si d'un côté on lâche un peu la bride, de l'autre on continue à bien la serrer. « Pas question de lever les mesures prises pour les cours d'eau. La situation est, ici, toujours aussi dramatique » confie le directeur. « Malgré les orages et les pluies, il n'y a toujours pas d'eau de ruissellement. Les cours d'eau, notamment ceux qui sont situés au nord-est et à l'est du département, sont encore au plus bas, certains enregistrant même toujours des assecs » (ndlr : rupture totale d'écoulement).
Même l'eau du Massif central, qui a tendance à cette époque a regonfler les grosses rivières, tarde à venir. « Après les plus gros orages, nous avons constaté une montée brutale des eaux et le niveau est vite redescendu. » Conclusion : les prélèvements restent interdits dans tous les cours d'eau. De même que les manoeuvres de vanne et d'empellements.
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Jusqu'à la fin octobre La situation n'évoluant pas, la commission de gestion et de préservation de la ressource en eau, que préside le directeur du cabinet du préfet, ne se réunira pas cette semaine et pourrait uniquement le faire tous les quinze jours. Aucun autre assouplissement de mesures donc à espérer dans les jours proches. « Au rythme où vont les choses, précise Jean-Luc Bernard-Colombat, il est peu probable qu'il y ait du changement avant le 31 octobre. » La Gironde devrait donc rester dans le rouge un bon mois encore.
2005 pourrait fort bien, ainsi, s'inscrire au livre des records. Au vu des éléments enregistrés à ce jour, c'est la deuxième année la plus sèche depuis 1949 (source Météo France).
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Il va falloir s'habituer Les membres de la commission de gestion et de préservation de la ressource ne cachent pas qu'ils pensent, déjà, aux années futures. Si ces périodes de sécheresse se renouvellent ce qui est fort probable ils devront s'habituer et revoir, à partir de là, leur dispositif. Ce ne sera plus seulement un problème d'été mais un problème d'année. Ce qui pourrait conduire à des économies étalées dans le temps et des décisions un peu différentes de celles prises actuellement.
Ce que reconnait Jean-Luc Bernard-Colombat, en évoquant les problèmes d'arrosage, lavage et autres. « L'année prochaine, dit-il, nous pourrions être amenés à prendre des mesures un peu plus ciblées, avec des restrictions là où les ressources sont rééllement menacées et des mesures un peu moins contraignantes là où ça l'est moins. »
Sud-Ouest, 30.09.2005
Le WWF, l'organisation mondiale pour la protection de l'environnement publie aujourd'hui les résultats d'une enquête menée en Europe en vue de détecter la présence de produits chimiques dans le sang des membres de 13 familles européennes. Ils révèlent la présence de 73 produits chimiques dangereux dans le sang des membres (grands-mères, mères et enfants) des 13 familles qui se sont soumises à une analyse de sang, des familles provenant de 12 pays de l'UE.
L'enquête Générations X du WWF, qui a analysé des citoyens européens âgés de 12 à 92 ans, confirme les résultats des enquêtes précédentes menées sur des membres du Parlement européen, des ministres de l'UE, des scientifiques et des célébrités.
« Les résultats de cette enquête démontrent clairement que nous sommes tous les cobayes involontaires d'une gigantesque expérience dénuée de tout contrôle. Il est choquant de constater que des produits chimiques toxiques utilisés quotidiennement sont en train de contaminer le sang de nos enfants » a déclaré Karl Wagner, Directeur de la Campagne DetoX du WWF.
La présence de 107 produits chimiques différents a été recherchée dans les échantillons de sang : des produits persistants, bio-accumulables ou qui agissent comme perturbateurs hormonaux et qui appartiennent à cinq groupes principaux de produits chimiques. Les résultats montrent que tous les membres des familles analysées sont contaminés par un cocktail d'au moins 18 produits chimiques différents, pour la plupart des produits présents dans des biens de consommation de la vie de tous les jours. De nouvelles substances utilisées à grande échelle, comme les retardateurs de flammes bromés, les produits chimiques perfluorés ou les muscs synthétiques, qui sont contenus dans des biens de consommation utilisés tous les jours (ordinateurs, textiles, cosmétiques ou appareils électriques...) se retrouvent plus fréquemment et à des taux plus élevés dans le sang de la jeune génération. Par contraste, la génération des grands-mères est la plus contaminée par des produits plus anciens et interdits, comme le DDT et les PCB.
« Quelles preuves supplémentaires faudra-t-il encore pour que l'industrie et les politiciens européens reconnaissent qu'il est impossible de contrôler efficacement les produits chimiques dangereux ? Le projet de réglementation européenne REACH fait actuellement l'objet d'une attaque en règle dirigée par l'industrie chimique, et des législateurs européens semblent laisser complaisamment celle-ci prendre les devants en ignorant la responsabilité qui leur incombe de protéger notre santé », poursuit M.Wagner.
Pour continuer la lecture de l'article, cliquer ici
Source : WWF
Exprimez-vous : Comment imaginez-vous le développement de l'Aquitaine d'ici 2020
«Quelle Aquitaine voulons-nous, quelle Aquitaine pouvons-nous construire à l'horizon 2020 ? Voilà la question que nous posons à tous les Aquitains» résume François Deluga, vice-président du conseil régional d'Aquitaine, chargé par Alain Rousset de l'élaboration du « Schéma régional d'aménagement de développement durable du territoire «, le SRADDT. « Il est primordial que chacun puisse exprimer ses idées» souligne l'élu. Pour cela, pas moins de cinq conférences territoriales et douze conférences régionales sont organisées, chacune sur des thématiques précises. La première d'entre elles, une « conférence territoriale», se déroule cet après-midi à Agen, autour du « Développement économique et de l'emploi» (1). Le jeudi 20, Agen accueillera cette fois un « conférence régionale» pour évoquer le « Rural». « Nous voulons faire remonter les visions des territoires eux-mêmes. Les pays viennent d'être créés, avec une vision à 10 ans pour l'élaboration de leurs chartes. Là, nous leur demandons de voir plus loin dans le temps. Il s'agit d'écrire un projet politique pour la région pour 2020, un projet porté par l'ensemble des élus. Il ne s'agit pas de juxtaposer 5 visions départementales, mais de préparer un schéma qui soit l'expression de toute la région « explique François Deluga.
Il avoue ainsi la préférence de l'exécutif pour une région organisée en réseau d'agglomérations autour de la métropole, plutôt qu'un modèle à la catalane, avec une métropole et rien autour. «S'agissant d'un travail de prospective à 15 ans, n'ayons pas peur d'être audacieux et de faire bouger les lignes» propose l'élu régional.
En matière de développement économique, «il ne s'agit pas de conforter les disparités actuelles, mais de rééquilibrer les territoires» précise-t-il. « Nous pourrons par exemple choisir de mettre le paquet sur des zones en difficulté. Quels que soient les critères que l'on prenne, le secteur du Fumélois sera sûrement parmi les prioritaires» assure-t-il.Parmi les autres problématiques majeures du SRADDT, celles du foncier et du logement, de l'équilibre entre ville et campagne, de la nécessité d'éviter l'étalement urbain, qui sont, selon François Deluga, « à la base de toutes les problématiques». Transports, TIC, qualité de vie, culture, tourisme, sport, services, recherche, innovation, insertion, égalité des chances, jeunesse font partie des autres thèmes de conférences programmés. La phase de concertation doit durer jusqu'à janvier, avec un processus d'élaboration qui doit s'achever en juin 2006.
Source : Pierre Sauvez, La Dépêche du Midi (12.10.2005)
(1) De 14 h à 18 h, Salle La Géode, Amphithéâtre 200, IUT, Campus Michel Serres, 84 Avenue d'Italie. Site internet : http://2020.aquitaine.fr
D'un côté, du people à outrance sur le mode "regarde mes biceps ou ma compagne" et rêve...ainsi tu voteras pour moi.
Beau programme
D'un autre côté, j'explique comment j'élimine mon petit camarade en m'affichant avec tel ou tel. Soit.
Mais pour faire quoi?
Enfin, j'organise des colloques pour disserter sur le mal français. c'est un bon départ, quoiqu'il est plus utile d'aller voir les gens à la base.
Mais, le temps des solutions n'est-il pas enfin venu?
Aussi, force est de constater que le débat politique a bien lieu, mais ailleurs, sur internet, dans des salles de petites ou grandes villes qui réunissent des centaines de personnes, le grand public, pour parler de l'avenir et de la manière de pouvoir influer sur les choix, se solutions concrètes et novatrices aux problèmes de société.
Comment construire une démocratie du XXIéme siècle, quand nos débats officiels sont si pauvres, que la culture du secret revient au galop et dans tous les domaines? Il est dommage que la parole soit confisquée à tous ceux qui pourraient précisément, hors des clivages droite -gauche, proposer des systèmes innovants.
Source : le BLOG de Corinne LEPAGE
Marcillac accueillait vendredi en soirée le deuxième en date des onze forums (1) organisés par le Conseil général sur le département. Environ deux cents personnes, élus (2) et simples citoyens se sont exprimés pendant un peu plus de deux heures et demies sur trois des neuf enjeux définis. Le Pays de Haute-Gironde a choisi trois thématiques: "développement solidaire et responsable des territoires", "gestion des risques" et "bonnes pratiques".
En préambule, Philippe Plisson a déclaré: « il faut définir des responsabilités individuelles et collectives, acquérir de nouveaux réflexes. L'Agenda 21, c'est une prise de conscience face à un constat: la planète court à la catastrophe, il ne faut plus gérer des égoïsmes à court terme, mais agir tous ensemble pour l'avenir des générations futures ».
Après la présentation des premiers éléments de diagnostic général par Mme Moite du bureau SCE, les participants se sont séparés en trois ateliers. Ils avaient pour base des axes techniques pour mieux exprimer leur point de vue de citoyens. Chacun a pu émettre des suggestions, soulever un problème tandis que les trois animatrices (Mmes Gwenaëlle Tudal, Christine Pertuis et Julie Chabaud) dirigeaient les débats et résumaient les différentes interventions.
Déchets et transports. L'atelier "bonnes pratiques" a mis en exergue les problèmes des déchets. L'environnement, priorité du développement Durable, est l'affaire de tous. Par des pratiques certes individuelles (comme le tri sélectif) mais également collectives. Et là où le bât blesse, semble-t-il pour les citoyens, c'est la communication. « Il faut expliquer davantage comment s'effectue la gestion des déchets, quels sont les choix des collectivités, comment elles fixent les investissements dans ce sens ». « Elles devront aussi être impliquées davantage et effectuer des choix budgétaires plus rigoureux ».
L'économie locale est concernée par exemple « par des achats responsables des collectivités, en suivant une éthique où chaque engagement dans une action doit tenir compte de l'environnement » a noté l'animatrice.
Bref, le citoyen veut bien trier, payer, mais il ne veut plus être le seul. Et il veut être informé.
Dans l'atelier "développement solidaire et responsable des territoires", les transports ont été largement évoqués. Plus de 800 personnes quittent la Haute-Gironde tous les jours pour aller travailler sur la CUB, le pétrole ne cesse d'augmenter et manquera, la pollution engendrée par l'automobile croît sans cesse. Le développement des transports en commun apparaît comme une solution.
Et notamment, aidé par d'autres participants et suivi par certains élus, Jean-Jacques Chaillot, président du Collectif Blaye/Bordeaux Rail propose solution d'un TER Blaye/Bordeaux. « Une nécessité conjuguant confort, sécurité, coûts maîtrisés et préservation de la qualité de l'air ».
Un aménagement d'autant plus facile à mettre en oeuvre qu'il existe un tracé. Une solution pour un territoire jugé souvent enclavé: « nous avons en permanence la sensation d'être isolés » souligne Michel Serpeau. « Oui, mais ce n'est rentable qu'à très long terme » fait remarquer Jean-Jacques Tastet, ancien président de l'office de tourisme de Blaye. Des opinions un peu différentes, preuve qu'il s'agit là de vraie concertation.
Inondations et grippe aviaire. L'atelier "gestion des risques" a mis en valeur la complexité de l'intitulé. Car il existe beaucoup de types de risques. A commencer ici par le nucléaire avec la présence de la centrale de Braud et Saint-Louis.
L'atelier a soulevé le problème de la confiance dans les informations fournies par EDF. « Des progrès doivent être faits dans l'importance de la diffusion des infos et leur objectivité. Il faut davantage de pluralité ». Mais certains s'interrogent aussi sur les compétences du citoyen lambda à tout comprendre.
Autres risques dans le Pays: les inondations (proximité de la Gironde, marais) et les mouvements de terrains (falaises, carrières).
Thierry Delottier (Syndicat du Petit marais de Blaye) et Robert Baldès (maire de Gauriac) sont notamment intervenus. Sur une perspective commune: selon eux, une politique globale, transversale et multirisques, doit être mise en oeuvre. Il faut penser à l'avenir mais aussi « prendre en compte les traditions, se remettre en question avec l'expérience du passé, même si les espaces ont changé de vocation ».
Urbanisation et transformations de zones agricoles sont une copie "à revoir".
Quant aux risques sociaux, ils lient en fait les deux dernières thématiques évoquées. Arrivés de nouvelles populations, logements insalubres ont fait l'objet de constats inquiétants. Et « comment mieux accueillir des nouveaux arrivants sur un territoire où le chômage grandit ? » interroge Bernard Lavie-Cambot, maire d'Etauliers.
Enfin, les risques sanitaires, actualité mondiale oblige, ont été discutés. Dans cette période de peur concernant le virus de la grippe aviaire, Jean-Clément Hernandez (des services Vétérinaires Départementaux) est rassurant: tout est mis en place pour une prévention et une action en cas d'épidémie.
Mais info ou intox ? s'interrogent d'autres. « Nous sommes dans une ère de sur-information depuis le procès du sang contaminé ». Alors faut-il choisir entre trop ou trop peu ?
Mieux vaut prévenir que guérir dit le proverbe. Information et communication s'avèrent capitales. L'Agenda 21 va dans ce sens, la démarche de Développement Durable passe par une meilleure communication dans le débat entre décideurs et citoyens.
(1) Le premier avait eu lieu la veille à Pessac; le troisième a eu lieu hier soir à Cestas; le quatrième a lieu ce soir à Langon. Le dernier se déroulera le 15 novembre à Lormont
(2) le forum était présidé par Philippe Plisson, représentant Philippe Madrelle, Jan Gaussen, président du Syndicat de Pays. En présence des autres conseillers généraux de Haute-Gironde : Vincent Liminiana, Jacques Maugein, Alain Renard et Max Jean-Jean.
Source : M. Méreau, Sud-Ouest (18.10.2005)
Vive la cuisine pour l’Education nationale dont les brillants réformateurs – l’inspecteur général Christian Peticolas notamment –, très à l’écoute des grands industriels, n’en finissent pas de revoir leurs exigences à la baisse.
L’alerte est donnée par le Canard enchaîné de cette semaine qui relève qu’alors qu’une « vingtaine de techniques traditionnelles de l’art culinaires [ont été] exclues de l’épreuve (…), depuis la rentrée 2005, l’usage et le maniement des produits agroalimentaires industriels figurent à l’examen du CAP de cuisinier (…) tout comme l’utilisation des produits semi-élaborés (légumes préépluchés, fonds de sauce, aliments sous vide), la préparation et la cuisson des produits surgélés ».
Plus la peine d’aller au restaurant, on peut faire aussi mal chez soi !
Le marché ? Nul et dépassé. Non, l’heure est à la modernité ; alors ce n’est surtout pas la peine de se lever tôt et d’encourager les petits producteurs qui par conviction essaient de faire de la qualité.
Les pauvres, ils n’ont rien compris.
Non, aujourd’hui, ce sont les grands industriels qu’il faut encourager. C’est l’Education nationale qui le préconise, encourageant par là-même les plus sordides méthodes de production : l’élevage industriel où les bêtes nourries d’antibiotiques et de farines animales n’ont même pas pas la place de se tourner dans leur box. Vive la qualité (cliquez ici, c’est édifiant).
De même, la culture intensive est encore encouragée… les O.G.M ne sont pas loin.
Et on parle après de semaine du goût, de dignité ? Ne s’agit-il que d’un manque de cohérence ou plutôt, et c’est plus probable, d’un alibi qui permet, une fois par semaine, de se donner bonne conscience ?
Il est temps de montrer que, situés en bout de chaîne, nous ne sommes pas des béni-oui-oui. Et nous avons les moyens de le faire.
Le premier : envoyer un courrier ou un courriel au ministère de l’Education nationale ; le second : demander à chacun des restaurateurs l’origine des produits qu’il sert.
Si nous ne voulons, comme le prédisent certains films de science fiction (il faut revoir le fabuleux "Soleil Vert"), finir par nous nourrir de pilules ou – et là certains chercheurs y réfléchissent – par de la viande cultivée en laboratoire (mais si, mais si ! Regardez ce site et cliquez à droite sur « viande en labo »), il faut agir enfin et diffuser le message au plus grand nombre.
Peut-on, en France, discuter librement des problèmes technologiques ? Est-il autorisé de s'opposer aux innovations en recourant aux possibilités qu'offre la loi ? La démocratie peut-elle s'exprimer simplement et se faire entendre sans avoir recours à des manifestations, voire à des sabotages ? L'évolution récente de deux dossiers concernant des sujets aussi décisifs que la politique énergétique de la France et l'avenir de son agriculture conduit à poser ces questions alors que reprend, début novembre, un débat tronqué sur le réacteur nucléaire EPR.
Le 12 octobre, le ministère de l'industrie informait la Commission nationale de débat public (CNDP) que certaines informations, relatives à la vulnérabilité du projet EPR à la chute des avions de ligne, ne pourraient être soumises à une contre-expertise. La veille, on avait appris qu'EDF avait commencé à passer des appels d'offres pour l'EPR avant même une session de débat public sur celui-ci, tenue le 3 novembre, à Lyon. Fin septembre, le tribunal administratif de Pau, sur demande du préfet, avait refusé que le conseil général du Gers organise un référendum sur les cultures d'OGM (organismes génétiquement modifiés).
Ces décisions récentes ne sont que la suite d'une longue série d'épisodes du même genre, qui voit des dizaines d'arrêtés municipaux sur les OGM recalés par la justice administrative, des préfets refusant par avance les demandes de référendum départemental signées par 46 000 électeurs à propos des déchets radioactifs, des parlementaires votant sur l'EPR alors que des documents relatifs à sa sécurité leur ont été cachés par le gouvernement, des cultures transgéniques dissimulées par le gouvernement alors que la directive européenne impose un registre public de ces cultures, les conclusions des "sages" d'un précédent débat public sur l'énergie, en septembre 2003, ignorées parce que n'allant pas dans le sens souhaité, un projet de loi sur la transparence dans le nucléaire enlisé depuis... 1998, on en passe.
Le plus étonnant est l'indifférence qui accueille ces atteintes au débat et à l'expression des citoyens. Est-ce que la politique énergétique et l'avenir de l'agriculture ne sont pas des sujets dignes d'intérêt ? Ou, pis encore, est-ce que les citoyens qui ont manifesté en avril leur distance avec les élites politiques sur la question de la Constitution européenne n'ont plus foi dans les instances démocratiques et se résignent à leur inexorable affaiblissement ?
Quoi qu'il en soit, ce qui se passe autour du nucléaire et des OGM illustre l'abîme qui sépare les proclamations de transparence et la réalité des pratiques. Car les demandes de référendum et de débat public ne proviennent pas seulement de la société civile, mais découlent bien des lois qui ont été proposées et votées par la représentation nationale. C'est en effet par la loi du 2 février 1995 qu'a été créée la Commission nationale de débat public, dont le rôle a été renforcé par la loi du 27 février 2002 "relative à la démocratie de proximité" , qui a transformé la commission en autorité administrative indépendante.
De même, le référendum local a été défini par la loi organique du 1er août 2003 et précisé par la loi du 13 août 2004 " relative aux libertés et responsabilités locales" . Au niveau européen, la convention d'Aarhus, entrée en vigueur le 6 octobre 2002, prévoit la participation du public au processus décisionnel dans les sujets relatifs à l'environnement.
INTÉRÊT GÉNÉRAL
Les parlementaires acceptent souvent mal ce qu'ils ressentent comme une diminution de leur rôle : ainsi, par exemple, Patrick Ollier, député (UMP) des Hauts-de-Seine, conteste-t-il à la CNDP le droit de dire que le débat a vocation à permettre aux Français de s'exprimer sur le principe du réacteur EPR. Ce "débat démocratique a déjà permis aux Français de s'exprimer, par la voie de leurs représentants légitimes" , écrit-il au président de la commission en septembre.
Mais la position des parlementaires serait plus compréhensible s'ils n'avaient pas eux-mêmes voté ces lois sur le débat public et sur le référendum. Elles visent à compenser le sentiment d'une crise de la démocratie représentative dans notre pays, les décisions paraissant souvent prises au nom d'un intérêt général mal discuté donc mal réfléchi.
Les nouvelles procédures d'information créent d'ailleurs des obligations légales : par exemple, la décision de construire l'EPR a été votée par le Parlement, mais l'acte juridique de création ne pourra être pris qu'au terme du débat public. De même, pour les OGM, l'Etat lui-même est fautif, il n'a pas transposé la directive européenne relative aux organismes génétiquement modifiés et a été de ce fait condamné par la Cour de justice des Communautés européennes le 15 juillet 2004.
Ces thèmes ouvrent la voie à des recours contentieux sans nombre. Mais ce n'est pas à la justice de résoudre un problème qui est politique : face à une grande partie des citoyens désabusés, il faut utiliser les outils d'expression démocratique qui se sont progressivement imposés. A les bafouer, à les traiter comme de simples effets d'affichage, on ne peut qu'activer le déni croissant à l'égard des institutions et de l'Etat, perçu non plus comme représentant l'intérêt général, mais comme l'expression d'une caste arrogante. A ce jeu dangereux, il ne resterait aux citoyens que la rébellion pour imposer de parler des alternatives aux orientations imposées.
Source : Hervé Kempf, Le Monde (05.11.2005)
Alleluia pour Airbus et De Profundis pour le textile ! Comme toujours, lorsque la Chine signe un gros contrat, nos dirigeants qui voient rarement plus loin que l'instant présent - c'est à dire le bout de leur nez- se félicitent bruyamment.
D'ailleurs pour occuper une place dans cet immense marché, ils sont prêts à tout. A fermer les yeux sur le despotisme du régime de Pékin, comme sur les effets collatéraux de ces ventes mirifiques sur l'emploi et la santé industrielle du pays.
Car le triomphe d'Airbus - mérité et valorisant pour notre technologie de pointe - est trompeur. D'abord parce qu'on ne fonde pas des relations bilatérales solides sur quelques gros contrats. Ensuite parce que la contre-partie à payer ensevelit nos produits sous le raz de marée des chemises, T-shirts et autres pantalons fabriqués en Chine. Mais ce n'est pas tout. Tôt ou tard et plus vite qu'on ne le pense, tous les secteurs seront concernés : l'automobile, l'informatique, les télécommunications etc.
Pourtant, lorsque les Chinois exigent en retour de leurs acquisitions, la possibilité d'implanter chez eux une chaîne d'assemblage pour des Airbus « made in China », nos responsables sont comme le lapin devant le cobra. Hypnotisés, incapables de réagir face à la pression que Pékin exerce sur eux pour obtenir des transferts de technologie, ils sont prêts à se tirer une balle dans le pied.
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